— Hein!… hein!… fit le marquis frissonnant.
— Mon père! mon père!… cria Marguerite en se tordant les bras et se renversant de désespoir; mon père, à moi! à moi!
— Prenez cette plume et signez, dit la marquise, lui mettant la plume à la main et la main sur le contrat. Il le faut!… je le veux!
— Oh! maintenant je suis perdue!… s'écria Marguerite, écrasée de la lutte et se sentant sans force pour la soutenir.
Mais au moment où le marquis, vaincu, allait signer; où la marquise, triomphante, se félicitait de sa victoire; où Marguerite, désespérée, était près de fuir, un incident inattendu vint changer tout à coup la face des choses. La porte du cabinet s'ouvrit, et Paul, qui avait assisté, invisible, à cette scène, apparut tout à coup.
— Madame la marquise d'Auray, dit-il, avant que ce contrat ne se signe, un mot!
— Qui m'appelle? dit la marquise, essayant de distinguer celui qui lui parlait dans l'éloignement, et par conséquent dans l'ombre.
— Je connais cette voix! s'écria le marquis, tressaillant comme si un fer rouge l'eût touché.
Paul fit trois pas et entra dans le cercle de lumière que répandait le lustre.
— Est-ce un spectre? s'écria à son tour la marquise, frappée de la ressemblance du jeune homme avec son ancien amant.