Mais nous n'en sommes encore qu'au drame; le roman viendra après.

C'est donc à bord d'un de ces petits bâtiments — hirondelles de mer, qui rasent les flots de l'archipel sicilien — sur les rivages de la Calabre, à vingt pas de San-Giovanni, à une lieue et demie de Messine, à trois lieues de Scylla, en vue de ce fameux gouffre de Charybde qui a tant tourmenté Énée et son équipage — que le drame du Capitaine Paul fut écrit, en huit jours, ou plutôt en huit nuits.

Un mois après, je le lisais à Naples — près du berceau d'un enfant qui venait de naître — à Duprez, à Ruolz et à madame Malibran.

L'auditoire me promit un énorme succès.

L'enfant qui était au berceau et qui dormait au bruit de ma voix comme au murmure berceur des chants de sa mère, était cette charmante Caroline qui est aujourd'hui une de nos premières cantatrices.

À cette époque, elle s'appelait Lili; et c'est encore aujourd'hui, pour les vieux et fidèles amis de Duprez, le seul nom qu'elle porte.

Troisième phase. — Déception.

Je revins en France vers le commencement de l'année 1836: mon drame du Capitaine Paul était complètement achevé et prêt à être lu.

Avant que je fusse à Paris, Harel savait que je ne revenais pas seul.

La dernière pièce que j'avais donnée au théâtre de la Porte-Saint- Martin était Don Juan el Marana, que l'on s'est obstiné à appeler Don Juan de Marana.