Don Juan avait réussi; mais Don Juan portait avec lui pour Harel du moins, la tache du péché originel.

Don Juan n'avait pas de rôle pour mademoiselle George.

Harel, sous ce rapport, était non pas l'aveuglement, mais le dévouement incarné; — pendant tout le temps qu'il fut directeur, son théâtre demeura un piédestal pour la grande artiste, à laquelle il avait voué un culte.

Auteurs, acteurs, tout lui était sacrifié; si la divinité splendide qu'il adorait eût eu pour ses prêtres les exigences de la mère Cybèle, Harel eût rendu un décret pareil à celui qui régissait les corybantes.

Heureusement que George était une bonne déesse dans toute la force du terme, et qu'il ne lui passa jamais par l'esprit d'user de son pouvoir dans toute sa rigueur.

À peine Harel sut-il donc que je revenais avec un drame et que, dans ce drame, il y avait un rôle pour George, qu'il accourut à la maison.

— Eh bien, me dit-il, tout en découvrant la Méditerranée, — c'est de lui le mot, rendons à César ce qui appartient à César! — nous avons donc pensé à notre grande artiste?

— Vous voulez parler du Capitaine Paul?

— Je veux parler de la pièce que vous avez faite… Vous avez fait une pièce, n'est-ce pas?

— Oui, j'ai fait une pièce, c'est vrai.