La marquise tomba à genoux, courbant la tête jusqu'à terre.

Quant au vieillard, il resta un instant dans cette posture terrible; puis peu à peu ses forces l'abandonnèrent! il retomba sur le lit, mettant ses bras en croix et appuyant l'image du Sauveur sur sa poitrine.

La marquise prit le bas des rideaux du lit, et, sans relever la tête, elle les croisa de manière à ce qu'ils renfermassent l'agonie du mourant.

— Horreur! horreur! murmura Marguerite.

— À genoux et prions! dit Paul.

Alors il y eut un moment solennel et terrible, qui n'était interrompu que par les derniers râles du moribond; puis ces râles s'affaiblirent et cessèrent. Tout était fini: le vieillard était mort.

La marquise releva lentement la tête, écouta quelques minutes avec anxiété, puis introduisant, sans les ouvrir, la main à travers les rideaux, après quelques efforts elle la retira tenant la clef. Elle se leva alors en silence, et, la tête retournée du côté du lit, marcha vers l'armoire. Mais au moment où elle allait mettre la clef dans la serrure, Paul, qui suivait tous ses mouvements, s'élança dans la chambre, et lui saisissant le bras:

— Donnez-moi cette clef, ma mère! lui dit-il, car le marquis est mort, et ces papiers m'appartiennent.

— Justice de Dieu! s'écria la marquise en reculant d'épouvante et tombant sur un fauteuil; justice de Dieu! c'est mon fils!

— Bonté du ciel! murmura Marguerite en tombant à genoux dans l'autre chambre; bonté du ciel! c'est mon frère!