— Il est mort.

— Tu me diras comment.

— Je vous dirai tout!

— Dans un instant, ajouta Paul en cherchant de la main une chaise et en s'asseyant. Maintenant, je n'ai pas la force de t'écouter. Laisse-moi me remettre. Il appuya son coude sur la croisée, posa sa tête sur sa main, et jeta de nouveau les yeux sur la mer. La belle chose qu'une nuit de l'Océan lorsque la lune l'éclaire, comme elle le fait à cette heure! continua-t-il avec cet accent doux et mélancolique qui lui était habituel. Cela est calme comme Dieu; cela est grand comme l'éternité. Je ne crois pas qu'un homme qui a souvent étudié ce spectacle craigne de mourir. Mon père est mort avec courage, n'est-ce pas?

— Oh! certes! répondit Achard avec fierté.

— Cela devait être ainsi, continua Paul. Je me le rappelle, mon père, quoique je n'eusse que quatre ans lorsque je le vis pour la dernière fois.

— C'était un beau jeune homme comme vous, dit Achard regardant
Paul avec tristesse; et justement de votre âge.

— Comment l'appelait-on?

— Le comte de Morlaix.

— Ainsi, moi aussi, je suis d'une noble et vieille famille! Moi aussi, j'ai mes armoiries et mon blason, comme tous ces jeunes seigneurs insolents qui me demandaient mes parchemins quand je leur montrais mes blessures!