Et elle fit, avec sa nonchalance habituelle, un mouvement pour se lever.

—Puis-je épargner une peine quelconque à Votre Majesté? demanda Mme de Fargis.

—Non, il n'y a que moi qui connaisse le secret du tiroir où se trouve la lettre.

Et elle alla à un petit meuble qu'elle ouvrit comme on ouvre tous les meubles, amena un tiroir à elle, fit jouer le secret, et prit dans le double fond du tiroir la copie de la dépêche que lui avait apportée le comte, et qui, outre la lettre ostensible de don Gonzalès de Cordoue, en renfermait, on se le rappelle, une qui ne devait être lue que de la reine seule.

Puis, avec cette lettre, elle revint prendre sa place sur l'espèce de divan où elle était assise.

—Mets-toi là près de moi, dit-elle à Mme de Fargis, en lui indiquant sa place sur le canapé.

—Comment! sur le même siége que Votre Majesté?

—Oui, il faut que nous parlions bas.

Mme de Fargis jeta les yeux sur le papier que la reine tenait à la main.

—Voyons, dit-elle, j'écoute et je me recueille. D'abord, que disent ces trois ou quatre lignes-là?