—Rien; elles me donnent le conseil de maintenir le plus longtemps possible ton mari en Espagne.
—Rien! et Votre Majesté appelle cela rien! Mais c'est tout à fait important, au contraire. Oui, sans doute, il faut que M. de Fargis reste en Espagne, et le plus longtemps possible: dix ans, vingt ans, toujours! Oh! que voilà donc un homme qui donne un bon avis. Voyons l'autre, s'il est à la hauteur du premier. Je déclare que Votre Majesté a pour conseiller le roi Salomon en personne. Vite! vite! vite!
—Ne seras-tu donc jamais sérieuse, même dans les choses les plus graves?
Et la reine haussa doucement les épaules.
—Maintenant, voici ce que me dit mon frère Philippe IV.
—Et ce que ne comprend pas très bien Votre Majesté.
—Ce que je ne comprends pas du tout, Fargis, dit la reine, avec un air d'innocence parfaitement joué.
—Voyons cela.
«Ma sœur—lut la reine—je connais par notre bon ami M. de Fargis, le projet qui, en cas de mort du roi Louis XIII, vous promet pour mari son frère et successeur au trône, Gaston d'Orléans.»
—Vilain projet, interrompit Mme de Fargis, pour prendre aussi mauvais et peut-être pire que l'on n'avait.