—Attends donc! et la reine continua:

«Mais ce qui serait mieux encore, c'est qu'à l'époque de cette mort, vous vous trouvassiez enceinte.»

—Oh! oui, murmura Mme de Fargis, voilà ce qui vaudrait mieux que tout.

«—Les reines de France,»—poursuivit Anne d'Autriche, en paraissant chercher le sens des paroles qu'elle lisait,—ont un «grand avantage sur leurs époux; elles peuvent faire des dauphins sans eux, et ils n'en peuvent pas faire sans elles.»

—Et c'est cela que Votre Majesté ne comprend pas du tout?

—Ou du moins qui me paraît impraticable, ma bonne Fargis.

—Quel malheur! dit Mme de Fargis, en levant les yeux au ciel, d'avoir affaire, dans les circonstances comme celles-là, quand il s'agit non-seulement du bonheur d'une grande reine, mais encore de la félicité d'un grand peuple, quel malheur d'avoir affaire à une trop honnête femme.

—Que veux-tu dire?

—Je veux dire que si, dans les jardins d'Amiens, n'est-ce pas, vous eussiez fait ce que j'eusse fait à votre place, ayant affaire à un homme aimant Votre Majesté plus que sa vie, puisqu'il a donné sa vie pour elle, si, au lieu d'appeler Laporte ou Putanges, vous n'eussiez pas appelé du tout...

—Eh bien?