Le lendemain, ne me fiant pas à la parole du père procureur, je louai une voiture et j'allais partir pour Fontainebleau lorsque je fus arrêtée.
—Et comment se nommait le procureur des jésuites?
—Le père Philippe. Mais de la prison, j'écrivis encore deux fois à la reine, et l'une des lettres, j'en suis certaine, lui est parvenue.
—Et l'autre lettre?
—L'autre fut envoyée par moi à M. de Sully.
—Par qui?
—Par Mlle de Gournay.
—Je connais cela; une vieille demoiselle qui fait des livres.
—Justement. Elle alla trouver M. de Sully à l'Arsenal; mais comme les noms d'Epernon et de Concini y étaient, et que je disais les divers avis donnés par moi à la reine, M. de Sully n'osa montrer ma lettre au roi; seulement il lui dit qu'il était menacé, et que s'il voulait il nous ferait venir au Louvre, moi et Mlle de Gournay. Mais le roi, par malheur, avait reçu tant d'avis de ce genre, qu'il en haussa les épaules, et que M. de Sully rendit la lettre à Mlle de Gournay, comme ne méritant pas créance.
—Et quelle date pouvait avoir cette lettre?