—C'est bien grave, ce que vous me demandez là, monseigneur!
—Vous avez raison; je vais vous les nommer; vous vous contenterez de répondre oui ou non par un signe de tête. Les personnes dénoncées par Mme de Coëtman étaient: la reine-mère, Marie de Médicis, le maréchal d'Ancre et le duc d'Epernon?
La demoiselle de Gournay, plus morte que vive, fit de la tête un signe affirmatif.
—Cette lettre, continua le cardinal, vous la remîtes à M. de Sully, qui eut l'immense tort de ne pas la montrer au roi et vous la rendit, se contentant de lui en parler.
—Tout cela est parfaitement exact, monseigneur, dit Mlle de Gournay.
—Cette lettre, vous l'avez gardée?
—Oui, monseigneur; car deux personnes seulement avaient le droit de me la réclamer; le duc de Sully, auquel elle était adressée, et la dame de Coëtman qui l'avait écrite.
—Vous n'avez jamais entendu reparler de M. de Sully?
—Non, monseigneur.