—Ni de la dame de Coëtman?

—J'ai appris qu'elle avait été arrêtée le 13; je ne l'ai pas revue depuis, et ne sais si elle est morte ou vivante.

—Donc vous avez cette lettre?

—Oui, monseigneur.

—Eh bien, la grâce que j'ai à vous demander, ma chère demoiselle, c'est de me la remettre.

—Impossible, monseigneur, dit Mlle de Gournay avec une fermeté dont un instant auparavant on l'eût crue incapable.

—Pourquoi cela?

—Parce que, comme j'avais l'honneur de le dire, il n'y a qu'un instant, à Votre Eminence, deux personnes seulement ont le droit de me réclamer cette lettre; la dame de Coëtman, qui a été accusée de complicité dans cette sombre et douloureuse affaire et à qui elle peut servir de justification, et M. le duc de Sully.

—La dame de Coëtman n'a pas besoin, à l'heure qu'il est, de justification, attendu qu'elle est morte cette nuit, entre une heure et deux heures, au couvent des Filles repenties.

—Dieu ait son âme! dit Mlle de Gournay en se signant, ce fut une martyre.