Elle, de son côté, apportait à Lopez un magnifique filet de perles; quelques-unes étaient mortes, et il s'agissait de les remplacer par des perles vivantes.
Mais le prix des huit ou dix perles qui manquaient était si élevé, que la reine hésitait à dire à Lopez de les lui fournir, lorsque Mme de Fargis qui causait avec le comte de Moret, et qui avait une oreille à ce que lui disait Antoine de Bourbon et une autre à ce que disait la reine, accourut:
—Qu'a donc Votre Majesté? demanda-t-elle, et de quelle chose est-elle donc embarrassée?
—Vous le voyez, ma chère, d'abord j'ai envie de ce beau crucifix, et ce juif de Lopez ne veut pas me le donner à moins de mille pistoles.
—Ah! dit Mme de Fargis, ce n'est pas raisonnable, Lopez, de vendre la copie mille pistoles, quand vous n'avez vendu l'original que trente deniers.
—D'abord, dit Lopez, je ne suis pas juif, je suis musulman.
—Juif ou musulman, c'est tout un, dit Mme de Fargis.
—Et puis, continua la reine, j'ai besoin de douze perles pour ressortir mon collier, et il veut me les vendre cinquante pistoles la pièce.
—N'est-ce que cela qui vous embarrasse? demanda Mme de Fargis; j'ai vos sept cents pistoles.
—Où cela, ma mie? demanda la reine.