—C'est vrai, vous ne l'avez pas pu connaître, puisqu'il a été tué six mois avant votre connaissance par votre oncle Mayenne. Eh bien, vous ressemblez à s'y méprendre à M. le comte de Saint-Megrin; est-ce qu'on ne vous l'a pas dit déjà?

—Si fait! seulement lorsqu'on me l'a dit je me suis fâché, mon cher duc, je vous en préviens.

—Parce qu'on vous le disait méchamment et non sans malice, comme je le fais, moi. Est-ce que je me suis fâché tout à l'heure quand M. de Bassompierre m'a dit que je faisais de la fausse monnaie, mais c'est vous qui êtes mal disposé et non pas moi; aussi je vous laisse.

—Et je crois que vous faites bien, dit M. de Guise, en prenant le côté de la rue de l'Arbre-Sec qui conduisait à la rue Saint-Honoré.

Et doublant le pas il s'éloigna rapidement de son caustique interlocuteur, lequel resta un instant à sa place avec l'air étonné d'un homme qui ne comprend pas chez les autres une susceptibilité qu'il se vantait de n'avoir pas lui-même.

Après quoi il se dirigea vers le pont Neuf, espérant trouver sur ce lieu de passage quelque autre victime, pour continuer sur elle la petite torture commencée sur le duc de Guise.

Pendant ce temps, les autres courtisans s'étaient éclipsés peu à peu, et le roi s'était retrouvé seul avec l'Angély.

Celui-ci, qui ne voulait pas perdre une si belle occasion de jouer son rôle de bouffon, vint se planter devant le roi qui se tenait assis, triste, la tête basse et les yeux fixés en terre.

—Heu! fit l'Angély en poussant un gros soupir.

Louis releva la tête.