—Et quand faudra-t-il être prêt, monseigneur?

—Le plus tôt possible, monsieur le duc. Je compte, en supposant toujours que la direction de la guerre me soit confiée, entrer en campagne au commencement du mois prochain.

—Il n'y a pas de temps à perdre alors monseigneur. Je pars pour mon gouvernement ce soir même, et le 10 janvier je serai à Lyon avec cent gentilshommes et cinq cents cavaliers.

—Mais, demanda le cardinal, il faut supposer le cas où un autre que moi serait chargé de la direction de la guerre. Oserai-je vous demander ce que vous feriez dans cette circonstance?

—Tout autre que Votre Eminence ne paraissant point à la hauteur du projet, je n'obéirai qu'à S. M. le roi Louis XIII et à vous.

—Partez, prince, vous savez où je vous ai dit que vous attendait l'épée de connétable.

—Dois-je emmener avec moi mon jeune ami le comte de Moret?

—Non, monsieur le duc, j'ai sur M. le comte de Moret des vues toutes particulières, et je désire lui donner, de son côté, une mission importante. S'il la refuse, il sera libre de vous rejoindre; laissez-lui seulement un serviteur sur lequel il puisse compter comme sur lui-même, la mission qu'il va recevoir de moi nécessitant courage de sa part et dévouement de la part de ceux qui l'accompagneront.

Le duc et le comte de Moret échangèrent à voix basse quelques mots, parmi lesquels le cardinal put entendre ceux-ci, dits par le comte de Moret au duc.

—Laissez-moi Galuar.