Comme Bonaparte, couché sur la carte d'Italie, disait, au mois de mars 1800, en montrant les plaines de Marengo: C'est ici que je battrai Mélas, le cardinal de Richelieu, autant homme de guerre qu'il était peu homme d'Eglise, le cardinal de Richelieu disait d'avance: C'est ici que je battrai Charles-Emmanuel.

Puis, dans sa joie, se retournant vers M. de Pontis:

—Monsieur le vicomte, lui dit-il, vous êtes non-seulement un fidèle, mais un habile serviteur du roi, et la guerre finie à notre avantage, comme nous l'espérons, vous aurez droit à une récompense. Cette récompense, vous me la demanderez, et si elle est, comme je n'en doute pas, dans la mesure de mes moyens, cette récompense vous est accordée d'avance.

—Monseigneur, dit M. de Pontis en s'inclinant, tout homme a son ambition, les uns dans la tête, les autres dans le cœur, et le moment venu, puisque j'ai permission de Votre Eminence, je lui ouvrirai mon cœur.

—Ah! fit le cardinal, vous êtes amoureux, vicomte.

—Oui, monseigneur.

—Et vous aimez au-dessus de vous.

—Comme nom peut-être, mais pas comme position de fortune.

—Et en quoi puis-je vous servir en pareille occurrence?

—Le père de celle que j'aime est un fidèle serviteur de Votre Eminence, qui ne fera rien qu'avec sa permission.