Le cardinal réfléchit un instant comme si un souvenir se présentait à sa mémoire.
—Ah! dit-il, n'est-ce pas vous, mon cher vicomte, qui avez, il y a un an à peu près, amené en France et conduit près de la reine Mlle Isabelle de Lautrec?
—Oui, monseigneur, dit le vicomte de Pontis en rougissant.
—Mais, dès cette époque, Mlle de Lautrec n'avait-elle point été présentée à Sa Majesté comme votre fiancée.
—Comme ma fiancée, non, monseigneur, comme ma promise, oui. Et, en effet, M. de Lautrec, au premier mot que je lui avais dit de mon amour pour sa fille m'avait répondu: «Isabelle n'a que quinze ans, vous avez, de votre côté un chemin à faire; dans deux ans, quand les affaires d'Italie seront arrangées, nous reparlerons de cela, et si vous aimez toujours Isabelle, si vous avez l'agrément du cardinal, je serai heureux de vous appeler mon fils.»
—Et Mlle de Lautrec est-elle entrée pour quelque chose dans les promesses de son père?
—Mlle de Lautrec, quand je lui ai parlé de mon amour et quand elle a su que j'étais autorisé par son père à lui parler, m'a répondu, je devrais dire s'est contentée de me répondre que son cœur était libre, et qu'elle respectait trop son père pour ne pas obéir à ses volontés.
—Et à quelle époque vous a-t-elle dit cela?
—Il y a un an, monseigneur.
—Et depuis l'avez-vous revue?