—C'est quelqu'un qui désire que Votre Eminence le tienne pour son dévoué serviteur.

—Son nom?

—Saint-Simon.

—Ce petit page du roi?

—Justement.

—Vous le connaissez?

—Je le connais et je ne le connais pas, tant il y a qu'il est venu chez moi ce soir.

—Ce soir ou cette nuit?

—Contentez-vous de ce que je vous dirai, monseigneur. Il est donc venu chez moi ce soir et m'a raconté cette histoire toute chaude. Il sortait du Louvre. En allant chez son camarade Baradas, il avait vu les deux reines sortant de chez Sa Majesté. Elles étaient si préoccupées qu'elles ne l'ont pas vu, lui; il a continué son chemin, après les avoir vues, dans un entre-deux de portes, parler avec M. le duc d'Orléans. Puis il est entré chez Baradas; le page boudait toujours et disait que le lendemain il quitterait le Louvre. Au bout d'un instant Monsieur est entré. Il n'a pas fait attention au petit Saint-Simon. Lui, s'est tenu coi; et, comme je vous l'ai dit, il a vu son camarade causer avec le prince dans l'embrasure d'une fenêtre, puis tous deux sortir, Baradas entrer chez le roi, et Monsieur courir, selon toute probabilité, rendre compte de sa bonne réussite aux reines.

—Et le petit Saint Simon est venu vous dire tout cela pour que la chose me fût répétée, dites-vous?