—Vous avez déjà M. de Jussac, Sire, qui est un officier irréprochable et auquel Votre Majesté ne voudrait pas faire de la peine.
—Je ferai Jussac maréchal-de-camp.
—Si M. de Jussac, et je n'en doute pas, aime Votre Majesté comme j'aime M. le cardinal, il préférera rester capitaine près du roi, que de devenir maréchal-de-camp loin de lui.
—Mais si vous quittiez le service, monsieur Cavois...
—C'est mon désir, Sire.
—Vous accepterez bien, en récompense du temps que vous avez passé près de M. le cardinal, une gratification de quinze cents ou deux mille pistoles.
—Sire, répondit Cavois en s'inclinant, du temps que j'ai passé chez M. le cardinal, j'ai été récompensé selon mes mérites et au-delà. On va faire la guerre, Sire, et pour la guerre il faut de l'argent, beaucoup d'argent, gardez les gratifications pour ceux qui se battront et non pour ceux qui, comme moi, ayant voué leur fortune à un homme, tombent avec cet homme.
—Tous les serviteurs de M. le cardinal sont-ils comme vous, monsieur Cavois?
—Je le crois, Sire, et me tiens même pour un des moins dignes.
—Ainsi vous n'ambitionnez, vous ne désirez rien?