—Rien, Sire, que l'honneur de suivre M. le cardinal partout où il ira, et de continuer à faire partie de sa maison, fût-ce comme le plus humble de ses serviteurs.
—C'est bien, monsieur Cavois, dit le roi piqué de cette persévérance du capitaine à tout refuser, vous êtes libre.
Cavois salua, sortit à reculons et heurta Charpentier qui entrait.
—Et vous, monsieur Charpentier, lui cria le roi, refuserez-vous aussi, comme M. Cavois, de me servir?
—Non, Sire; car j'ai reçu l'ordre de M. le cardinal de demeurer près de Votre Majesté jusqu'à ce qu'un autre ministre fût installé en son lieu et place, ou que Sa Majesté soit au courant du travail.
—Et quand je serai au courant du travail ou qu'un autre ministre sera installé, que ferez-vous?
—Je demanderai la permission à Votre Majesté d'aller rejoindre M. le cardinal, qui est habitué à mon service.
—Mais, dit le roi, si je demandais à M. le cardinal de vous laisser près de moi? J'ai besoin, du moment où j'aurais un ministre, qui, ne faisant pas tout comme M. le cardinal, me laissera quelque chose à faire, d'un homme honnête et intelligent, et je sais que vous réunissez ces deux qualités.
—Je ne doute pas, Sire, que M. le cardinal n'accordât à l'instant même sa demande à Votre Majesté, étant trop peu de chose pour qu'il me dispute à son maître et à son roi. Mais alors ce serait moi qui me jetterais à vos pieds, Sire; et qui vous dirais: «J'ai un père de soixante-dix ans et une mère de soixante. Je puis les abandonner pour M. le cardinal qui les a secourus et qui les secourt encore dans leur misère; mais le jour où je ne suis plus près de M. le cardinal, ma place est près d'eux, Sire, permettez à un fils d'aller fermer les yeux de ses vieux parents, et j'en suis certain, Sire, non-seulement Votre Majesté m'accorderait ma prière, mais elle y applaudirait.»