—Et, dit-il au bout d'un instant, le roi Gustave-Adolphe accepte?

—Oui, Sire, mais à certaines conditions.

—Qui sont?...

—Contenues dans cette lettre, Sire, dit Charnassé, tirant de sa poche un pli aux armes de Suède; seulement, Votre Majesté tient-elle absolument à lire cette lettre, ou permet-elle, ce qui serait plus convenable peut-être, que je lui en explique le sens?

—Je veux tout lire, monsieur, dit le roi, lui tirant la lettre des mains.

—N'oubliez-pas, Sire, que le roi Gustave-Adolphe est un joyeux compagnon, glorieux surtout, peu préoccupé des formes diplomatiques, et disant ce qu'il pense plutôt en soldat qu'en roi.

—Si je l'ai oublié, je vais m'en souvenir, et si je ne sais pas, je vais l'apprendre.

Et décachetant la lettre, il lut, mais bien bas:

«De Stuhm, après la victoire qui rend à la Suède toutes les places fortes de la Livonie et de la Prusse polonaise.

«Ce 19 décembre 1628.