—Et vous venez me dire cela à moi, après les édits que j'ai rendus contre le duel; il est vrai, ajouta le cardinal, que je ne suis plus ministre, et que, ne l'étant plus, il en sera de cette amélioration comme de toutes les autres que j'ai tentées: dans un an, disparues!...

Et le cardinal poussa un soupir qui prouva qu'il n'était point encore aussi détaché qu'il eût voulu le faire croire, des choses de ce monde.

—Mais vous dites, mon cher oncle, demanda Mme de Combalet, que M. Latil, car c'est M. Latil, je crois, que s'appelle monsieur, venait vous offrir ses services; de quel genre étaient les services que monsieur venait vous offrir?

Latil montrant son épée.

—Services à la fois offensifs et défensifs, dit-il. M. le cardinal n'a plus de capitaine des gardes, plus de gardes; c'est à moi de lui servir de tout ceci.

—Comment, plus de capitaine des gardes! dit une voix de femme derrière Latil; il me semble qu'il a toujours son Cavois, qui est aussi mon Cavois à moi.

—Ah! dit le cardinal, je connais cette voix-là, il me semble; venez ici, chère madame Cavois, venez.

Une femme leste et pimpante, quoique atteignant la trentaine et que les formes primitives commençassent à disparaître sous un certain embonpoint, glissa rapidement entre Latil et le chambranle de la porte opposé à celui auquel il s'appuyait, et se trouva en face du cardinal et de Mme de Combalet.

—Ah! dit-elle en se frottant les mains, vous voilà donc débarrassé de votre affreux ministère et de tout le tracas qu'il nous donnait.

—Comment, qu'il nous donnait? dit le cardinal; mon ministère vous donnait donc du tracas à vous aussi, chère madame?