CHAPITRE II.
GUILLAUME COUTET.
Arrivés à l'endroit indiqué, les deux jeunes gens, en s'appuyant l'un à l'autre, jetèrent avec terreur le regard dans le précipice.
Ils ne virent rien d'abord, leurs yeux se portaient trop loin.
Mais ils entendirent directement au-dessous d'eux ces paroles aussi nettement articulées que le permettait la profonde terreur de celui qui les prononçait.
—Si vous êtes chrétiens, pour l'amour de Dieu, sauvez-moi!
Leurs yeux se portèrent dans la direction de la voix, et ils aperçurent à dix pieds au-dessous d'eux, surplombant un précipice de mille à douze cents pieds, un homme accroché à un sapin à moitié déraciné et pliant sous son poids.
Ses pieds s'appuyaient à une aspérité du rocher qui pouvait l'aider à se maintenir où il était, mais qui devenait inutile du moment où l'arbre achèverait de se rompre; à ce moment, qui ne pouvait tarder, il était évident qu'il serait avec son soutien précipité dans l'abîme.
Le comte de Moret jugea le péril d'un coup d'œil.
—Coupe un bâton de dix-huit pouces de long cria-t-il, et assez fort pour soutenir un homme.