Le cardinal tira sa montre.

—Il est près de midi.

—Et le roi est à Oulx?

—Oui.

—A huit heures le roi aura sa lettre, ou j'aurai roulé dans la Douaire.

—Tâchez de ne pas rouler dans la Douaire, ce qui me ferait de la peine, et que le roi ait sa lettre, ce qui, au contraire, me fera plaisir.

—J'espère, sur ces deux points satisfaire Votre Eminence.

Le cardinal connaissait Latil pour un homme de parole, il ne jugea pas à propos d'insister et se contenta de lui faire signe qu'il était libre.

Latil, en effet, courut à l'écurie, choisit un bon cheval, ne s'arrêta chez le maréchal ferrant que le temps de le faire ferrer à crampons et, l'opération terminée, sauta sur son dos et s'élança sur la route d'Oulx.

Au reste, il trouva le chemin meilleur qu'il ne s'y attendait; dans le but d'y faire passer les canons et tout le matériel, les pionniers s'en étaient emparés et le rendaient praticable à peu près.