Et il salua de la main le comte, qui lui répondit par un salut profond et se retira.
Toute la soirée et toute la nuit l'armée continua de se réunir autour de Chaumont; le lendemain soir, le roi commandait à vingt-trois mille hommes de pied et à quatre mille chevaux.
Vers dix heures du soir, l'artillerie et tout le matériel de l'armée se rangeaient en dehors de Chaumont, les canons la gueule tournée du côté du territoire ennemi. Le roi ordonna de passer la visite des caissons et de lui faire un rapport sur le nombre de coups que l'on avait à tirer. A cette époque où la baïonnette n'était point encore inventée, c'étaient le canon et le mousquet qui décidaient tout.
Aujourd'hui le fusil a repris le rang secondaire qu'il doit occuper dans les manœuvres d'un peuple essentiellement guerrier.
Il est devenu, comme l'avait prédit le maréchal de Saxe, le manche de la baïonnette.
A minuit, on entra au conseil.
Il se composait du roi, du cardinal, du duc de Montmorency et des trois maréchaux Bassompierre, Schomberg et Créquy.
Bassompierre, qui était le doyen, eut la parole; il jeta les yeux sur la carte, étudia les positions de l'ennemi, que l'on connaissait parfaitement, grâce aux renseignements donnés par le comte de Moret.
—Sauf meilleur avis, dit-il, voici ma proposition, Sire.
Et, saluant le roi, et M. le cardinal, pour bien indiquer que c'était à eux deux qu'il s'adressait: