—Et où vous rejoindrai-je? demanda Latil.
—Ce brave homme, répondit le comte de Moret, en montrant le contrebandier si miraculeusement sauvé de la corde, ce brave homme vous conduira; seulement, vous doublerez le pas pour nous rejoindre.
Puis, s'adressant au contrebandier lui-même:
—La même route que l'autre, vous vous rappelez, mon brave homme; une fois arrivé à Suze, il y a vingt pistoles pour vous. Latil, vous avez dix minutes.
Latil s'inclina.
—En route, messieurs, continua le comte de Moret; nous avons perdu là une demi-heure, mais nous avons fait de bonne besogne.
Dix minutes après, Latil, guidé par le contrebandier, le rejoignait; la besogne, que le comte avait laissée aux trois quarts faite, était achevée.
C'était sur le pont même de Giacon que Latil et ses hommes avaient rejoint le comte de Moret. Le contrebandier, qui n'avait pas eu le temps de le remercier, se jeta à ses pieds et lui baisa les mains.
—C'est bien, mon ami, dit le comte de Moret; maintenant il faut que, dans une heure, nous soyons à Suze.
Et la troupe se remit en marche.