—Tout est arrêté ainsi alors!
—Oui, Sire, et avant trois jours, tenez-vous pour certain d'avoir la visite du prince votre beau-frère ou du duc votre oncle.
—C'est vrai, dit le roi, ceux-là aussi sont de ma famille; mais ils ont sur mes autres parents un grand mérite, c'est de me faire publiquement la guerre. Bonsoir, monsieur le cardinal, vous aussi devez être fatigué et avoir besoin d'une bonne nuit.
Trois jours après, en effet, comme l'avait prédit le cardinal, Victor-Amédée était à Suze et négociait avec le cardinal de Richelieu, qui obtint de lui toutes les conditions qu'il avait soumises au roi.
Quant aux articles secrets, ils furent accordés comme les autres.
«Le duc de Savoie s'engageait à faire entrer avant quatre jours mille charges de blé, de froment et cinq cents de vin à Cazal.
«De son côté, à la condition que ces obligations seraient remplies, il fut convenu que les troupes du roi de France n'avanceraient point au-delà de Bunolunga, petite place située entre Suze et Turin, chose, disait le traité, que Sa Majesté veut bien accorder à la prière de M. le prince de Piémont, afin de donner le temps aux Espagnols de lever d'eux-mêmes le siège de Cazal.»
«Enfin, en échange de la ville de Trino, Charles-Emmanuel rendrait au duc de Mantoue Albe et Montcalvo, dont il s'était emparé.»
Huit jours après la conclusion du traité, don Gonzalès de Cordoue levait de lui-même le siége de Cazal, et l'honneur castillan était sauvé.
Le 31 mars et le 1er avril, le traité fut ratifié par le duc de Savoie et par le roi Louis XIII.