Et, en effet, séance tenante, le roi le nomma vicaire-général en Italie et généralissime de toutes ses armées.
En apprenant ces concessions faites à son ennemi, Marie de Médicis accourut, et ayant pris connaissance de la commission donnée au cardinal:
—Et à nous, monsieur, demanda-t-elle à son fils avec un sourire railleur, quels droits nous réservez-vous donc?
—Celui de guérir les écrouelles, répondit l'Angély, qui était présent à la discussion.
Avec des efforts inouïs, avec une vigueur admirable, le cardinal improvisa une nouvelle campagne.
Seulement un ennemi barrait le chemin du Piémont «et opposait à l'armée un abîme dans lequel la moitié se fût engloutie.»
Cet obstacle, c'était la peste.
La peste qui avait forcé les deux reines de revenir à Paris et qui avait forcé le roi de passer par Briançon.
Elle était passée de Milan—c'est la même que Manzoni peint dans les Promessi sposi—elle était passée de Milan à Lyon, où elle faisait des ravages terribles. Quelques soldats, disait-on, l'avaient rapportée d'au-delà des Alpes; elle éclata aux portes de Lyon, dans le village de Vaux. On établit un cordon sanitaire autour du village; mais, la peste, comme tous les fléaux, a des alliés dans les mauvaises passions humaines. La peste s'adressa à la cupidité. Quelques hardes de pestiférés, introduites en fraude et vendues auprès de l'église de Saint-Nizier, importèrent la contagion au cœur de Lyon.
On était aux derniers jours du mois de septembre.