Les gouverneurs de Viellane et de Fenestrelle étaient venus sans leurs femmes, de sortes qu'ils n'avaient que leurs chevaux à faire seller et que leurs manteaux à prendre pour obéir à l'ordre du duc.
Mais il n'en était pas de même du comte Urbain d'Espalomba. Non-seulement il avait sa femme, mais sa femme dansait au quadrille du prince Victor-Amédée.
—Monseigneur, dit-il l'ordre que vous me donnez sera difficile à exécuter.
—Et pourquoi cela, monsieur?
—Parce que nous sommes venus ici, la comtesse et moi, de Turin, en costume de bal, dans un carrosse de louage, qui ne nous conduira pas jusqu'à Pignerol.
—La garde robe de mon fils et de ma belle-fille vous fourniront des manteaux, et tout ce dont vous aurez besoin, et vous prendrez une voiture dans mes écuries.
—Je doute que la comtesse puisse supporter le voyage sans risque de sa santé.
—En ce cas, laissez-la ici et partez seul.
Le comte regarda Charles-Emmanuel d'une étrange façon.
—Oui, dit il, je comprends que cet arrangement conviendrait à Votre Altesse.