—Un billet que vient de me remettre un page couvert de poussière, monté sur un cheval couvert d'écume. J'ai voulu lui donner une bourse pleine d'or, et vous verrez que ce n'était pas trop pour l'avis qu'il apporte; mais il repoussa la bourse et répondit:
—Je suis au service d'un maître qui ne permet pas qu'un autre que lui paye ses serviteurs.
Et à ces mots, sans donner à son cheval plus de temps pour souffler qu'il n'en avait mis à me dire ces paroles, il repartit au galop.
Pendant ce temps, le duc Charles lisait ce billet court mais net.
«Un hôte, admirablement reçu par S. A. le duc de Savoie, trouve l'occasion de payer l'hospitalité qu'il a reçue de lui en le prévenant qu'il doit être enlevé cette nuit du château de Rivoli avec le prince Victor-Amédée. Il n'y a pas un instant à perdre. A cheval et à Turin.
—Pas de signature? demanda le duc.
—Non; mais il est évident que l'avis vient du duc de Montmorency ou du comte de Moret.
—Quelle livrée portait le page?
—Aucune. Mais j'ai cru le reconnaître pour celui que le duc avait conduit avec lui et qu'il nommait Galaor.
—Ce doit être cela. Eh bien?