—Monsieur, lui dit-il, lorsque me rendant à Rome pour me faire sacrer évêque, le pape Paul V me demanda mon âge, comme vous, je me vieillis donc de deux ans et lui dis vingt-cinq ans, n'en ayant que vingt-trois. Il me sacra évêque; mais après le sacre je me jetais à ses genoux et lui demandai l'absolution. Il me la donna; je lui avouai alors que j'avais menti et m'étais vieilli de deux ans.
Voulez-vous l'absolution?
—Je vous la demanderai, monseigneur, répondit en riant Mazarin, le jour où je voudrai être évêque.
—Serait-ce votre intention?
—Si j'avais l'espoir d'être un jour cardinal comme Votre Eminence.
—Cela vous sera facile avec la protection que vous avez.
—Et qui a dit à monseigneur que j'avais des protections?
—La mission dont vous êtes chargé, car, m'a-t-on dit, vous venez me parler de la part du cardinal Antonio Barberini.
—Ma protection, en tout cas, ne serait que de seconde main, puisque je ne suis le protégé que du neveu de Sa Sainteté.
—Donnez-moi la protection d'un des neveux de Sa Sainteté, n'importe lequel, et je vous cède celle de Sa Sainteté elle-même.