—Dois-je reporter la réponse dans les termes où vous venez de me la faire?

—Non, pas précisément.

—Alors, dites, monseigneur.

—Sa Majesté n'a pas encore appris la conquête de Pignerol. Je ne puis rien faire, à moins qu'elle me déclare si elle veut garder la place, ou si elle est disposée à en faire une gracieuseté à Madame sa sœur. On m'écrit que le roi est parti de Paris et qu'il vient en Italie; attendons jusqu'à ce qu'il soit arrivé à Lyon ou à Grenoble; alors on pourra entrer sérieusement en négociation et donner des réponses plus positives.

—Vous pouvez être tranquille, monseigneur, je reporterai votre réponse mot à mot. Seulement, si vous le permettez, je leur laisserai l'espoir.

—Qu'en feront-ils?

—Rien, mais moi j'en ferai peut-être quelque chose.

—Comptez-vous donc rester en Italie?

—Non, mais avant de la quitter, j'en veux tirer tout ce qu'elle peut me donner encore.

—Croyez vous donc que l'Italie ne puisse pas vous offrir un avenir suffisant à votre ambition?