—Alors continuons, dit le lazzarone.
Comme on le comprend bien, l'occasion ne manqua pas à l'Anglais d'augmenter sa collection de drôleries; les anciens avaient à cet endroit l'imagination fort vagabonde. En moins de deux heures, il se trouva avoir un album fort respectable.
Sur ces entrefaites, on arriva à une fouille: c'était, à ce qu'il paraissait, la maison d'un fort riche particulier, car on en tirait une multitude de statuettes, de bronzes, de curiosités plus précieuses les unes que autres, que l'on portait aussitôt dans une maison à côté. L'Anglais entra dans ce musée improvisé et s'arrêta devant une petite statue de satyre haute de six pouces, et qui avait toutes les qualités nécessaires pour attirer son attention.
—Oh! dit l'Anglais, moi vouloir acheter cette petite statue.
—Le roi de Naples pas vouloir la vendre, répondit le lazzarone.
—Moi je paierai ce qu'on voudra, pour faire rire un peu milady.
—Je vous dis qu'elle n'est point à vendre.
—Moi la paierai le double, le triple, le quadruple.
—Pardon, excellence, dit le lazzarone en changeant de ton, je vous ai déjà donné deux conseils, vous vous en êtes bien trouvé; voulez-vous que je vous en donne un troisième? Eh bien! n'achetez point la statue, volez-la.
—Oh! toi avoir raison. Avec cela, nous avoir l'invalide aveugle. Oh! oh! oh! ce être très original.