—Eh bien! après, madame, après?… Il continua de se souvenir de celle qu'il aurait dû oublier. Les plaisirs de la cour, les faveurs des dames de haut parage, les espérances de l'ambition, ne purent chasser de son souvenir l'image de la pauvre Calabraise: cette image était sans cesse présente à ses yeux pendant ses jours, pendant ses nuits; elle tourmentait ses veilles, elle brûlait son sommeil. Ses lettres à son frère devenaient tristes, amères, désespérées. Son frère, inquiet, partit et arriva à la cour. Il le croyait amoureux de quelque reine, à la main de laquelle il n'osait aspirer. Il éclata de rire lorsqu'il apprit que l'objet de cet amour était une misérable Calabraise.

—Tu es fou, Antoniello, lui dit-il. Cette fille est ta vassale, ta serve, ta sujette, cette fille est ton bien.

—Mais, dit Antoniello, j'ai juré à son père…

—Quoi? qu'as-tu juré, imbécile?

—J'ai juré de ne pas chercher à revoir sa fille.

—Très bien! Il faut tenir la promesse. Un gentilhomme n'a qu'une parole.

—Tu vois donc que tout est perdu pour moi.

—Tu as juré de ne pas chercher à la revoir?

—Oui.

—Mais si c'est elle qui vient te trouver?