Et elle frappa à son tour et demanda à sortir. Le geôlier lui ouvrit.

Elle courut à la maison. La maison était déserte, Costanza n'était point reparue.

Elle courut au palais et redemanda sa fille. On lui répondit qu'on ne savait pas ce qu'elle voulait dire.

Elle revint à la maison. Costanza n'était pas rentrée.

Elle attendit jusqu'au soir. Costanza ne reparut point.

Alors elle pensa à son mari et s'achemina de nouveau vers la prison; mais, cette fois, d'un pas aussi lent et aussi morne que si elle eût suivi au cimetière le cadavre de sa fille.

Comme la première fois, les portes s'ouvrirent devant elle.

Elle retrouva son mari assis à la même place; quoiqu'il eût reconnu son pas, il ne leva même pas la tête. Elle alla se coucher à ses pieds et posa sans rien dire son front sur ses genoux.

—Comprenez-vous, madame, quelle nuit infernale fut cette nuit pour ces deux damnés!

Le lendemain, au point du jour, on vint ouvrir la prison et annoncer au condamné qu'il était libre.—Je vous l'ai déjà dit, ajouta l'inconnu en riant d'un rire terrible, oh! le comte Carracciolo est un noble seigneur, et qui tient religieusement sa parole!…