Je voudrais fort ne pas contredire un compatriote, et surtout un compatriote aussi savant que M. Marchand; mais on m'accuserait de partialité si je ne démantibulais pas Marathon comme j'ai démantibulé Platée, Arbelles, le Granique et Issus.
Prouvons donc que ce n'est pas plus la bataille de Marathon que ce n'est la bataille de Platée.
La bataille de Marathon, gagnée par Miltiade, fut, du côté des Perses, perdue de compte à demi par Datis et Artapherne. M. Marchand voit donc dans Artapherne le général monté sur le char, dans Datis le guerrier blessé, et dans Miltiade le chef vainqueur.
Nous passons Artapherne à M. Marchand, mais, en conscience, nous ne pouvons lui passer Datis ni Miltiade.
Datis, parce qu'il ne fut ni tué ni blessé en cette occasion, puisqu'au dire d'Hérodote il rendit aux vainqueurs, après la bataille, la statue dorée d'Apollon qu'il leur avait enlevée quelques jours auparavant, et se retira sain et sauf en Asie avec le reste de l'armée.
Miltiade, parce qu'il avait cinquante ans à cette époque, et que le chef vainqueur de la mosaïque n'en a que trente.
Quant à l'arbre dépouillé de feuilles, M. Marchand y voit un hiéroglyphe. Selon lui, cet arbre est là pour symboliser la pensée de l'historien, qui dit qu'à Marathon les Athéniens ne furent des hommes ni de chair ni d'os, mais des hommes de bois.
Notre avis est donc, malgré l'arbre symbolique, que ce n'est pas la bataille de Marathon.
«Il signor Luigi Vescorali a prétendu que c'était la défaite des
Gaulois à Delphes.»
Prouvons que ce n'est pas plus la défaite des Gaulois à Delphes que ce n'est la bataille de Marathon.