—Et pourquoi cela?
—Dame! c'est qu'il aime à rire, comme j'ai pu m'en apercevoir, et qu'il pourrait avoir du désagrément avec mon grand-père; car dans notre famille nous ne sommes pas endurans. Vous, c'est autre chose… vous ne vous êtes pas trop moqué de mes haillons, et je crois qu'avec un peu de bonne volonté de part et d'autre nous pourrons nous entendre.
—C'est convenu, mon petit Giotto; et en attendant que vous reveniez un peu de vos préventions sur le compte de mon ami, je profiterai seul de l'hospitalité que vous voulez bien m'offrir.
—Et vous n'en serez pas fâché, je vous le promets. Vous allez voir d'abord mes trois frères, trois garçons les plus forts et les plus beaux de la province, le premier est vigneron, le second pêcheur, le troisième garde-chasse.
—Je serai flatté de faire leur connaissance.
—Puis mes trois soeurs, trois madones.
—De mieux en mieux, mon cher hôte.
—Et puis enfin…
—Comment! ce n'est pas tout?
—Puis enfin, répéta le petit paysan en baissant la voix et regardant autour de lui d'un air mystérieux, vous verrez trois tableaux, trois merveilles; et vous pourrez vous vanter d'avoir une fière chance si vous obtenez que mon grand-père vous les montre.