—C'est mon propre choix, très illustre seigneur, répondit le bandit; j'ai toujours eu du goût pour les lectures de ce genre.
—Je vois dans votre collection deux ouvrages de deux compatriotes à moi, Fénelon et Bernardin de Saint-Pierre; parleriez-vous notre langue?
—Non; mais je la lis et la comprends.
—Faites-vous cas de ces deux ouvrages?
—Un si grand cas que, dans ce moment-ci, je m'occupe à traduire Télémaque en italien.
—Ce sera un véritable cadeau que vous ferez à votre patrie que de faire passer dans la langue du Dante l'un des chefs-d'oeuvre de notre langue.
—Malheureusement, me répondit Gasparone d'un air modeste, je suis incapable de transporter d'une langue dans l'autre les beautés du style; mais au moins les idées resteront.
—Et où en êtes-vous de votre traduction?
—A la fin du premier volume.
Et Gasparone me montra sur sa table une pyramide de papiers couverts d'une grosse écriture: c'était sa traduction.