Je le priai de me pardonner, l'assurant que je lui avais fait cette demande dans une excellente intention et nullement pour l'offenser.

Il reçut mes excuses avec beaucoup de dignité, et me salua en homme qui désirait visiblement en rester là de ses relations avec moi.

Je me retirai assez humilié d'avoir manqué mon effet sur Gasparone; et comme Jadin avait fini le croquis qu'il avait fait de lui à la dérobée, je rendis son salut à mon hôte et je sortis de sa cellule.

J'ai cru bien long-temps fermement, et je le crois encore un peu, que c'est un faux Gasparone qu'on m'a fait voir.

XXIII

Une Visite à sa sainteté le pape Grégoire XVI.

En arrivant à Rome, je trouvai une lettre de M. de Tallenay, mon audience m'était accordée pour le lendemain.

Il m'invitait donc à me tenir prêt le lendemain à onze heures, et en uniforme.

Mais là s'élevait une grave difficulté: à cette époque, où j'allais en Italie pour la première fois, je ne connaissais pas la nécessité de l'uniforme, et j'avais négligé de m'en faire faire un: je me trouvais donc tout bonnement possesseur d'un habit noir, encore était-il un peu bien fripé par quatorze mois de voyage. M. de Tallenay exposa mon embarras, qui fut exposé à Sa Sainteté, laquelle répondit qu'eu égard à la recommandation dont je m'étais fait précéder on dérogerait pour moi aux lois de l'étiquette.

Il est vrai que cette recommandation était une lettre de la main de la reine. Mais, hâtons-nous de le dire, ce n'était pas seulement comme venant de la reine qu'il y était fait droit, mais comme venant de la plus digne, de la plus noble et de la plus sainte des femmes.