—Si vous voulez vous donner la peine de regarder le visa de mon passeport, vous verrez que votre ordre s'accorde merveilleusement avec mon désir.
—Mais votre passeport est visé pour Ancône, et, comme la frontière la plus rapprochée est celle de Pérouse, vous ne vous étonnerez pas que je vous fasse prendre le chemin de cette ville.
—Comme vous voudrez, monsieur, j'irai à Venise par Bologne.
—Oui; mais j'ai encore à vous signifier qu'en remettant les pieds dans les États de Sa Sainteté, vous encourez cinq ans de galères.
—Très bien. Alors j'irai par le Tyrol; j'ai le temps.
—Vous êtes de bonne composition, monsieur.
—J'ai l'habitude de ne discuter les lois qu'avec ceux qui les font, de ne résister aux ordres qu'en face de ceux qui les donnent, de ne me regarder comme insulté que par mon égal, et de ne demander satisfaction qu'à ceux qui se battent.
—En ce cas, monsieur, vous ne me refuserez sans doute pas de signer ce papier?
—Voyons, d'abord.
Il me le présenta.