C'était la reconnaissance que l'ordre m'avait été signifié, l'aveu que je faisais d'avoir mérité cette décision, et l'engagement que je prenais de ne jamais remettre le pied dans les États romains, sous peine de cinq ans de galères. Je haussai les épaules et lui rendis ce papier.

—Vous refusez, monsieur?

—Je refuse.

—Trouvez bon que j'envoie chercher deux témoins pour constater votre refus.

—Envoyez.

Les deux témoins arrivèrent et servirent à un double emploi; non seulement ils constatèrent mon refus, mais encore ils me donnèrent une attestation que j'avais refusé; je mis cette attestation dans une lettre à M. le marquis de Tallenay, je la pliai, et la remettant à l'employé de la police de Civitta-Castellana:

—Maintenant, monsieur, lui dis-je, chargez-vous sur votre responsabilité de faire parvenir cette lettre; elle est tout ouverte; la police romaine n'aura pas besoin d'en briser le cachet.

L'employé lut la lettre. Je priais M. le marquis de Tallenay d'aller trouver Sa Sainteté, de lui exposer ce qui venait de m'arriver dans ses États, et de lui rappeler l'invitation qu'elle m'avait faite elle-même d'y revenir pour la semaine-sainte. L'employé me regarda d'un air de doute.

—Vous avez été reçu hier par Sa Sainteté? me dit-il.

—Voici la lettre de monseigneur Fieschi, qui m'accorde cette grâce.