—Bravo! bravo! répéta Barbaja. Passons maintenant à la cavatine.

L'orchestre se mit à jouer pour la troisième fois l'ouverture.

—Ah ça! s'écria Barbaja exaspéré, tout cela est charmant, mais nous n'avons pas le temps de rester là jusqu'à demain. Arrivez à la cavatine.

Mais, malgré l'injonction de l'imprésario, l'orchestre n'en continuât pas moins la même ouverture. Barbaja s'élança sur le premier violon, et, le prenant au collet, lui cria à l'oreille:

—Mais que diable avez-vous donc à jouer la même chose depuis une heure?

—Dame! dit le violon avec un flegme qui eût fait honneur à un
Allemand, nous jouons ce qu'on nous a donné.

—Mais tournez donc le feuillet, imbéciles!

—Nous avons beau tourner, il n'y a que l'ouverture.

—Comment! il n'y a que l'ouverture! s'écria l'impresario en pâlissant: c'est donc une atroce mystification?

Rossini se leva et salua.