Mais Barbaja était retombé sur un fauteuil sans mouvement. La prima donna, le ténor, tout le monde s'empressait autour de lui. Un moment on le crut frappé par une apoplexie foudroyante.
Rossini, désolé que la plaisanterie prit une tournure aussi sérieuse, s'approche de lui avec une réelle inquiétude.
Mais à sa vue, Barbaja, bondissant comme un lion, se prit à hurler de plus belle.
—Va-t'en d'ici, traître, ou je me porte à quelque excès!
—Voyons, voyons, dit Rossini en souriant, n'y a-t-il pas quelque remède?
—Quel remède, bourreau! C'est demain le jour de la première représentation.
—Si la prima donna se trouvait indisposée? murmura Rossini tout bas à l'oreille de l'impresario.
—Impossible, lui répondit celui-ci du même ton; elle ne voudra jamais attirer sur elle la vengeance et les citrons du public.
—Si vous vouliez la prier un peu?
—Ce serait inutile. Tu ne connais pas la Colbron.