—On zen bassera, répondit le comte, qui était de bonne composition; on zen bassera.
Et le comte, effectivement, avala son potage sans Bénédicité, ce que firent aussi les autres moines. Lorsqu'il eut fini, le capitaine lui passa une bouteille.
—Goûtez-moi ce vin-là, lui dit-il.
Le comte, se doutant qu'il avait affaire à un vin de choix emplit un petit verre qui était devant lui, le prit par le pied, examina un instant, à la lueur de la lampe la plus rapprochée, le liquide jaune comme de l'ambre, puis il le porta à sa bouche, et le dégusta avec la voluptueuse lenteur d'un gourmet.
—C'est édonnant, dit le comte, moi qui groyais gonnaître tous les fins, che ne gonnais pas celui-là; à moins que ce ne soit du matère d'un noufeau gru.
—C'est du marsala, monsieur le comte, un vin qui n'est pas connu et qui mérite cependant de l'être. Oh! notre pauvre Sicile, elle renferme comme cela une foule de trésors oubliés.
—Comment tides-fous qu'il s'abbelle? demanda le comte en se versant un second verre.
—Marsala.
—Marzala…! Eh pien! c'est un pon fin; ch'en achèterai. Se fend-il cher?
—Deux sous la bouteille.