Puis il se rassit, en faisant signe au bourreau de continuer son office.
—Colonel, s'écria le patient, colonel, vous ne me laisserez pas mourir ainsi, quand d'un mot vous pouvez me sauver! Colonel, laissez-moi seulement vous adresser une question.
—Oui, oui, cria la foule, c'est juste, laissez parler le condamné, laissez-le parler!
—Monsieur le juge, dit le colonel, je crois que l'humanité exige que nous nous rendions à la prière de ce malheureux. S'il veut nous tromper, au reste, nous nous en apercevrons bien, et alors il n'aura retardé sa mort que de quelques minutes.
—Je n'ai rien à refuser à Votre Excellence, dit le juge; mais, vraiment, ce n'est pas la peine, croyez-moi, colonel, de lui donner cette satisfaction.
—Je vous la demande pour ma propre conscience, monsieur, dit le colonel.
—J'ai déjà dit à Votre Excellence que j'étais à ses ordres, reprit le juge.
Puis se levant:
—Gardes, ajouta-t-il, amenez le condamné.
On amena ce malheureux. Il était pâle comme la mort, et tremblait de tous ses membres.