Il n'y avait pas de temps à perdre si je voulais tenir ce que j'avais promis. Je courus chez un élève de l'école de Rome, vieil ami à moi, que j'avais connu dans l'atelier de monsieur Lethierre qui était, lui, un vieil ami de mon père.

—Mon cher Guichard, il faut que vous me rendiez un service.

—Lequel?

—Il faut que vous alliez demander immédiatement à monsieur Ingres une permission pour voyager en Sicile et en Calabre.

—Mais, mon très cher, je n'y vais pas.

—Non, mais j'y vais, moi; et comme on ne veut pas m'y laisser aller avec mon nom, il faut que j'y aille avec le vôtre.

—Ah! je comprends. Ceci est autre chose.

—Avec votre permission, vous allez demander un passeport à notre chargé d'affaires. Suivez bien le raisonnement. Avec le passeport de notre chargé d'affaires, vous allez prendre le visa de l'ambassadeur de Naples, et, avec le visa de l'ambassadeur de Naples, je pars pour la Sicile.

—A merveille. Et quand vous faut-il cela?

—Tout de suite.