Ce quelque chose ressemblait à un homme.

—Qu'avez-vous et que voulez-vous? demandai-je à cette espèce d'ombre.

—Hélas! murmura-t-elle, je suis le misérable ouvrier qui a donné un soufflet à Henri IV.

—Mais comment es-tu là? demandai-je

—Tirez-moi d'abord de là, monsieur Lenoir, car je me meurs, et ensuite vous saurez tout.

Du moment que le gardien des morts s'était convaincu qu'il avait affaire à un vivant, la terreur qui d'abord s'était emparée de lui avait disparu, il avait déjà dressé une échelle couchée dans les herbes du cimetière, tenant cette échelle debout et attendant mes ordres.

Je lui ordonnai de descendre l'échelle dans la fosse, et j'invitai l'ouvrier à monter. Il se traîna, en effet, jusqu'à la base de l'échelle; mais, arrivé là, lorsqu'il fallut se dresser debout et monter les échelons, il s'aperçut qu'il avait une jambe et un bras cassés.

Nous lui jetâmes une corde avec un noeud coulant; il passa cette corde sous ses épaules. Je conservai l'autre extrémité de la corde entre mes mains; le gardien descendit quelques échelons, et, grâce à ce double soutien, nous parvînmes à tirer ce vivant de la compagnie des morts.

A peine fut-il hors de la fosse, qu'il s'évanouit. Nous l'emportâmes près du feu; nous le couchâmes sur un lit de paille, puis j'envoyai le gardien chercher un chirurgien.