Le gardien revint avec un docteur avant que le blessé eût repris connaissance, et ce fut seulement pendant l'opération qu'il ouvrit les yeux.

Le pansement fait, je remerciai le chirurgien, et, comme je voulais savoir par quelle étrange circonstance le profanateur se trouvait dans la tombe royale, je renvoyai à son tour le gardien. Celui-ci ne demandait pas mieux que d'aller se coucher après les émotions d'une pareille nuit, et je restai seul près de l'ouvrier. Je m'assis sur une pierre près de la paille ou il était couché et en face du foyer dont la flamme tremblante éclairait la partie de l'église où nous étions, laissant toutes les profondeurs dans une obscurité d'autant plus épaisse, que la partie où nous nous trouvions était dans une plus grande lumière.

J'interrogeai alors le blessé, voici ce qu'il me raconta.

Son renvoi l'avait peu inquiété. Il avait de l'argent dans sa poche, et jusque-là il avait vu qu'avec de l'argent on ne manquait de rien.

En conséquence, il était allé s'établir au cabaret. Au cabaret, il avait commencé d'entamer une bouteille, mais au troisième verre il avait vu entrer l'hôte.

—Avons-nous bientôt fini? avait demandé celui-ci.

—Et pourquoi cela? avait répondu l'ouvrier.

—Mais parce que j'ai entendu dire que c'était toi qui avais donné un soufflet à Henri IV.

—Eh bien! oui, c'est moi! dit insolemment l'ouvrier. Après?

—Après? je ne veux pas donner à boire à un méchant coquin comme toi, qui appellera la malédiction sur ma maison.