Je réfléchis un instant.
—Et la médaille, lui demandai-je, où est-elle? —Ma foi, cherchez à terre, elle ne doit pas être loin. Quand je me suis senti pendu, je l'ai lâchée.
Je me levai et jetai les yeux à terre. Un rayon de la lune donnait dessus comme pour guider mes recherches. Je la ramassai. J'allai au cadavre du pauvre l'Artifaille, et je lui rattachai la médaille au cou.
Au moment où elle toucha sa poitrine, quelque chose comme un frémissement courut par tout son corps, et un cri aigu et presque douloureux sortit de sa poitrine.
Le bourreau fit un bond en arrière.
Mon esprit venait d'être illuminé par ce cri. Je me rappelai ce que les saintes Écritures disaient des exorcismes et du cri que poussent les démons en sortant du corps des possédés.
Le bourreau tremblait comme la feuille.
—Venez ici, mon ami, lui dis-je, et ne craignez rien.
Il s'approcha en hésitant.
—Que me voulez-vous? dit-il.—Voici un cadavre qu'il faut remettre à sa place.—Jamais. Bon! pour qu'il me pende encore.—Il n'y a pas de danger, mon ami, je vous réponds de tout.—Mais, monsieur l'abbé! monsieur l'abbé!—Venez, vous dis-je.