La demi-heure s'écoula; j'entendis frapper plus doucement encore que la première fois. Pendant l'intervalle, j'avais tiré les verrous; je n'eus donc qu'à ouvrir la porte.
Grégoriska entra, et, sans même qu'il me le dît, je repoussai la porte derrière lui, et fermai les verrous.
Il resta un moment muet et immobile, m'imposant silence du geste. Puis, lorsqu'il se fut assuré que nul danger urgent ne nous menaçait, il m'emmena au milieu de la vaste chambre, et, sentant à mon tremblement que je ne saurais rester debout, il alla me chercher une chaise.
Je m'assis, ou plutôt je me laissai tomber sur cette chaise.
—Oh! mon Dieu! lui dis-je, qu'y a-t-il donc et pourquoi tant de précautions?
—Parce que ma vie, ce qui ne serait rien, parce que la vôtre peut-être aussi, dépendent de la conversation que nous allons avoir.
Je lui saisis la main, tout effrayée. Il porta ma main à ses lèvres, tout en me regardant, pour me demander pardon d'une pareille audace. Je baissai les yeux: c'était consentir.
—Je vous aime, me dit-il de sa voix mélodieuse comme un chant; m'aimez-vous?
—Oui, lui répondis-je.
—Consentiriez-vous à être ma femme?