La cérémonie commença; jamais peut-être il n'y en eut de plus simple et de plus solennelle à la fois. Nul n'assistait le pope; lui-même nous plaça sur la tête les couronnes nuptiales. Vêtus de deuil tous deux, nous fîmes le tour de l'autel un cierge à la main; puis le religieux, ayant prononcé les paroles saintes, ajouta:
—Allez maintenant, mes enfants, et que Dieu vous donne la force et le courage de lutter contre l'ennemi du genre humain. Vous êtes armés de votre innocence et de sa justice; vous vaincrez le démon. Allez, et soyez bénis>
Nous baisâmes les livres saints et nous sortîmes de la chapelle.
Alors, pour la première fois, je m'appuyai sur le bras de Grégoriska, et il me sembla qu'au toucher de ce bras vaillant, qu'au contact de ce noble coeur, la vie rentrait dans mes veines, Je me croyais certaine de triompher, puisque Grégoriska était avec moi; nous remontâmes dans ma chambre.
Huit heures et demie sonnaient.
—Hedwige, me dit alors Grégoriska, nous n'avons pas de temps à perdre. Veux-tu t'endormir comme d'habitude, et que tout se passe pendant ton sommeil? Veux-tu rester éveillée et tout voir?
—Près de toi, je ne crains rien, je veux rester éveillée, je veux tout voir.
Grégoriska tira de sa poitrine un buis béni, tout humide encore d'eau sainte, et me le donna.
—Prends donc ce rameau, dit-il, couche-toi sur ton lit, récite les prières à la Vierge et attends sans crainte. Dieu est avec nous. Surtout ne laisse pas tomber ton rameau; avec lui, tu commanderas à l'enfer même. Ne m'appelle pas, ne crie pas; prie, espère et attends.